D’abord, il y avait les analphabètes. Deviner ce qu’est la vie de quelqu’un qui ne sait ni lire, ni écrire, est facile : dans notre monde où tout est formulaire, il est perdu.
Comme les analphabètes sont rares, il a fallu inventer les « illettrés ». Face aux lettrés, ces gens admirables qui consacrent leur vie à la lecture d’ouvrages exigeants, se trouvent des personnes qui ont appris à lire et à écrire, mais qui s’en servent peu ou pas quotidiennement. Le génial hacker informatique, héros de tous les films d’action, pratique le code nettement mieux que la dissertation. Le jardinier paysagiste, héros écolo, « lit » le paysage, pas les pages.
Les chiffres de l’illettrisme, consultés un peu vite (en mélangeant les enfants qui ont des difficultés et ceux qui ont abandonné tout espoir) font apparaître 30% d’élèves quittant le CM2 sans être à l’aise avec l’écriture et la lecture. Sont-ils « nuls » pour autant ? Mauvais en orthographe et en grammaire certainement, mais perdus pour la société ? Le débat est ouvert.
L’illettrisme ne suffisant pas à stigmatiser une partie de la population, voici que jaillit la notion d’innumérismeinnumérismeDysfonctionnement, voire trouble d’origine neurologique chez certains sujets, entraînant des difficultés en calcul dont la numératie est insuffisanteLire toute la définition. Vous ne connaissiez pas ce mot ? Ne battez pas votre coulpe, le Robert et le Larousse non plus !