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Ecole & Education

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Parent seul : éviter la fusion

par Martiane Triaire | 16 mai 2010
Parent seul : éviter la fusion

La tentation est parfois grande pour le parent solo de créer un cocon complice avec l'enfant. Plus il y a de tiers dans l'entourage, et plus il sera facile au parent seul de garder sa place et son rôle de parent.

Garder sa place de parent

La tentation pour le parent solo de jouer au grand frère ou à la grande sœur, au copain ou à la copine avec ses enfants est grande, et pourtant il lui faut y résister. L’autorité parentaleautorité parentaleEnsemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. Elle appartient au père et à la mère jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé, et sa moralité, pour assurer son Lire toute la définition, assumée en théorie, s'érode souvent face aux difficultés du quotidien. Et c'est tellement mieux de vivre avec un complice qu'avec un opposant ! Si le parent garde le cap, l’enfant pourra intégrer l’idée que sa mère ou son père sont disponibles pour lui, mais qu'ils ont aussi leur vie d’homme ou de femme à vivre.
Ainsi, comme le souligne Madeleine Deny, "La tâche d’un enfant n’est pas de soutenir un parent qui vit seul, au risque de se prendre pour le maître des lieux et d’accepter très difficilement que sa maman ou son papa fasse quoi que ce soit sans lui". Le parent solo doit donc se méfier de "toute attitude qui risque de lui donner une place qui n’est pas la sienne, comme partager votre lit, par exemple", recommande la pédopsychiatre Marie-Noëlle Tardy.

Les phrases-clé d'une relation fusionnelle

Certaines phrases arrivent spontanément ; il faudrait parfois s'enregistrer pour se rendre compte que les enfants sentent peser sur eux les ressentiments et les regrets de la vie passée du parent :

  • "Tu es tout ce que j’ai."
  • "Heureusement que tu es là !"
  • "On va sortir en amoureux."
  • "J’ai tout raté sauf toi."

Les 8-12 ans entendent particulièrement bien ces regrets, et, héros dans tous leurs rêves, ont envie de réparer, soigner, faire mieux pour ces adultes si tristes. Ils sont donc les compagnons idéaux d'une relation fusionnelle. Ils deviennent souvent agréables, responsables et câlins… et sont flattés par ce rôle.

Grandir avec d'autres références

L’épanouissement de l’enfant passe par l’évolution de son rapport au monde et aux autres. A partir de 8 ans, le Junior atteint l'âge où les parents comptent tous les jours un peu moins, les pairs un peu plus.
C’est aussi en tissant des liens avec d’autres adultes (famille, parrain, amis), en particulier avec des adultes du sexe opposé au parent avec lequel il vit, que l’enfant d'une famille monoparentale continuera d'enrichir sa personnalité.
Il est donc préférable "d’élargir la famille et de vivre de façon très socialisée", comme le recommande Marie-Noëlle Tardy. Ces adultes lui servent souvent de modèle et limitent une relation trop fusionnelle entre l’enfant et le parent.
"Ces personnes de référence, toutes générations confondues, lui seront d’une aide précieuse pour prendre de l’autonomie", souligne Madeleine Deny. Il comprend alors qu’il peut faire des choses sans son parent et vice-versa, sans que cela ne remette en question le lien qui unit la famille.

En savoir plus : Parent seul, mode d’emploi. Surmonter les difficultés au quotidien - Madeleine Deny

Lire également : S'organiser lorsqu'on élève son enfant seul(e)

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