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A qui profitent les Lolitas ?

par Susanne Brouchet | 22 mars 2011
A qui profitent les Lolitas ?

Des Juniors de 8 ans maquillées et en tenues sexy, voici une image de nos enfants largement répercutée par des médias apparemment scandalisés. Cette envie de ressembler à des adolescentes n’est pourtant pas une aspiration de nos enfants, qui se défendent même.

Une marque américaine qui lance une gamme complète de maquillages pour les 8-12 ans, des chaussures à talon taille 34, des soutiens-gorges ou des bikinis sexualisés avec force rembourrages… Les associations de parents du monde entier ont beau se scandaliser, l’offre prolifère.

Les parents cèdent-ils contre leur gré aux demandes de leurs filles ? Sont-ils victime d’un marketing surpuissant ? Ce n’est pas l’avis de Coralie Damay et Sylvie Gassmann, auteures du livre « Quand l’enfant prend ses marques… Il bouscule les conventions ». Selon elles, plusieurs facteurs expliquent le phénomène :

  • La pression parentale, avec des mères ravies de porter les mêmes tenues que leur fille. Elles ont ainsi la certitude d’apparaître toujours jeunes.
  • La pression sociale, qui pousse les filles vers un seul but, plaire. L’apparence est la valeur suprême ; elle pousse nos Juniors vers une prise de poids surveillée.
  • Les marques, qui veulent séduire les futures adolescentes pour les fidéliser le plus tôt possible, et se dispenser de lancer de coûteuses gammes vraiment adaptées aux 8-12 ans.

Un réel manque de respect des enfants

Pourtant, la plupart des lancements de produits « sexy » ciblant les moins de 15 ans sont un échec, à l’image de la gamme Tammy de la marque Etam. Nos Juniors ne rêvent pas d’avoir des amoureux, au contraire, cette préoccupation vient loin derrière l’amitié, la famille et la santé.

L’effervescence autour de l’offre pour les LolitasLolitasAppellation utilisée depuis le début des années 2000 pour désigner les jeunes filles pré-pubères adoptant des codes vestimentaires et de comportement adolescents voire adultes, souvent vulgaires.Lire toute la définition n’attire pas, elle effraie au contraire les enfants. Averties de la réprobation qui entoure le phénomène des LolitasLolitasAppellation utilisée depuis le début des années 2000 pour désigner les jeunes filles pré-pubères adoptant des codes vestimentaires et de comportement adolescents voire adultes, souvent vulgaires.Lire toute la définition, les petites filles réagissent en souhaitent se fondre dans la masse, en préférant spontanément des vêtements couvrants et des couleurs sombres. La vente de jupes et robes des collections « filles » régresse régulièrement, le jean uniforme est plus que jamais un must. Ainsi que l’écrivent fort justement les deux auteures : « Mal comprendre [le phénomène des LolitasLolitasAppellation utilisée depuis le début des années 2000 pour désigner les jeunes filles pré-pubères adoptant des codes vestimentaires et de comportement adolescents voire adultes, souvent vulgaires.Lire toute la définition], et surtout le médiatiser, est une forme de non respect des enfants, qui peuvent réagir très fortement aux propos tenus par les médias. »

Un ouvrage d’expert accessible à tous les parents

Coralie Damay et Sylvie Gassmann, « Quand l’enfant prend ses marques… Il bouscule les conventions », éditions Ems, collection consommation des 0/25 ans, 19,50 €

L’ouvrage, qui s’adresse aux responsables marketing et tous les professionnels intéressés par la consommation des enfants, se révèle passionnant pour les parents. Pour mieux connaître la stratégie des marques qui ciblent nos enfants bien sûr, mais aussi et surtout pour comprendre pourquoi le préadolescent n’existe pas, pourquoi nos enfants ne vieillissent pas plus tôt qu’avant, pourquoi l’usage aisé des nouvelles technologies n’est un signe ni de supériorité, ni de précocité.


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