La Mauvaise Mère se fait violence
par Susanne Brouchet | 9 mai 2011
Instinctivement, toute mère a envie de protéger les enfants des adultes violents, y compris d’elle-même. Mais pas n’importe comment.
La Mauvaise Mère se fait violence
par Susanne Brouchet | 9 mai 2011
Instinctivement, toute mère a envie de protéger les enfants des adultes violents, y compris d’elle-même. Mais pas n’importe comment.
Imaginez. Dans votre belle maison qui possède une cuisine très D&CO, vous êtes en train de ranger les rares objets qui ne sont pas à leur place, aidée en cela par votre mère bienveillante. Votre fille, âgée de 10 ans, parfaitement coiffée, fait silencieusement et avec une totale concentration ses devoirs sur la table du séjour. A ce moment-là, la petite fait un faux mouvement et renverse le verre de jus d’orange posé devant elle.
Comment réagissez-vous ?
La Mauvaise Mère en tout cas lâche un très gros mot et se précipite dans la cuisine pour attraper une éponge.
Dans la campagne de la Fondation pour l’Enfance, cela se passe tout à fait différemment, puisque la mère gifle sa fille, avant que la grand-mère ne s’excuse d’avoir eu jadis un comportement semblable.
Si les nerfs d’un parent peuvent parfois lâcher – et c’est toujours regrettable -, ce n’est jamais dans ce type de situation. Prenez un salon où règne un souk ahurissant, une grand-mère qui vient de vous expliquer pour la énième fois que vous élevez vraiment très mal « ses enfants », un enfant qui hulule depuis 45 minutes avec l’efficacité d’un marteau piqueur sur vos tympans. Sa maîtrise du langage humain fait penser qu’il a moins de 4 ans… Voici une situation bien plus probable.
D’ailleurs même les scientifiques appelés à la rescousse pour affirmer qu’une majorité de parents « justifient et défendent » les châtiments corporels, ne citent que des chiffres concernant les parents d’enfants en bas-âge. Culpabiliser les parents, trop facile ! Mais cela aidera-t-il les enfants qui sont victimes d’adultes vraiment violents ?
PS : A tous ceux qui croient encore que les drogueries françaises vendent toujours des martinets (à l’instar d’Ariel Wizman), la Mauvaise Mère signale la disparition depuis bien deux décennies de ce type de commerces de centre ville…