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Santé & Bien-être

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Allergies alimentaires versus cantines scolaires

par | 22 novembre 2013
Allergies alimentaires versus cantines scolaires

De plus en plus d’enfants développent des allergies et leur alimentation pose autant de problèmes aux parents qu’aux écoles. Besoins individuels et responsabilités collectives sont difficiles à concilier.

L’allergie alimentaire, de la contrainte quotidienne au risque vital

L’enfant allergique à un aliment a un gros avantage sur celui qui réagit à un allergène respiratoire : on peut maîtriser ce que l’on mange, alors qu’on ne contrôle pas l’air que l’on respire ! Au-delà de ce constat, l’un comme l’autre sont handicapés, d’un handicap invisible, mais handicapés tout de même... L’allergie alimentaire peut être très variée : œuf, lait, poisson, arachide, gluten, fruits exotiques, moutarde, riz, la liste est presque sans fin... Et les réactions également, selon le degré d’allergie de l’individu : de quelques plaques d’eczéma à un choc anaphylactique, en passant par l’œdème de Quincke, bref d’une démangeaison à un arrêt cardio-respiratoire. Le cas du gluten (maladie cæliaque) est un peu différent : l’ingestion de gluten provoque, sur le moment, de « simples » maux de ventre, mais nuit gravement aux intestins à long terme !

Pour beaucoup, les allergies alimentaires font partie des intolérances gênantes, mais souvent gérables. Mieux vaut cependant évincer l’aliment en question, car si certaines allergies s’améliorent avec l’âge des enfants, il n’existe guère de désensibilisation contre les allergènes alimentaires. Certaines, comme celle à l’arachide, ont toutes les chances de ne jamais s’atténuer si elles sont très fortes. La recherche avance, mais aucun protocole de désensibilisation n’est encore validé.

Une alimentation sous haute surveillance

S’il est relativement aisé de supprimer la moutarde ou le kiwi de l’alimentation des cantines, que dire de la farine ou de l’œuf ? C’est un casse-tête quotidien pour les parents de trouver des recettes qui donnent aux enfants allergiques l’impression d’être « comme les autres ». Et si c’est un casse-tête pour celui ou celle qui cuisine, c’est inévitablement une source de culpabilité pour l’enfant, conscient de donner plus de travail à ses parents, quand ce n’est pas une source de peur si les repas sont pris à l’extérieur.

À l’école, le PAI (Projet d’Accueil Individualisé*)

Pour favoriser l’accueil et l’intégration des enfants atteints de troubles de la santé évoluant sur une longue période pendant le temps scolaire, l’Éducation nationale propose, depuis 1999, l’établissement d’un PAI (fonctionnement renforcé par une circulaire de 2003). Il est signé entre la famille et le médecin scolaire, qui suit les indications du médecin traitant ou de l’allergologue. Le plus souvent, il est recommandé une éviction de l’allergène et un protocole à suivre en cas d’ingestion accidentelle. Il s’agit de donner à l’école le droit de distribuer un médicament, ce qui est habituellement interdit. Les cas les plus aigus requièrent une piqûre en urgence : le stylo auto-injecteur d’adrénaline ne peut cependant pas être laissé à la portée du premier venu.

L’Éducation nationale souvent dépassée par le nombre et les besoins spécifiques des enfants allergiques

Depuis que le goûter du matin a disparu de la majorité des écoles pour cause de risque d’obésité, que les fêtes d’anniversaire se font rares, les seuls moments où un enfant mange dans le cadre scolaire se passent à la cantine, c’est-à-dire lorsque l’enfant passe de la responsabilité de l’État (par le biais de l’Education nationale) à celle de la commune. Le PAI reste donc mal adapté pour les enfants souffrant d’allergies alimentaires, puisqu’il devrait être signé entre la famille et le maire. L’enseignant, motivé et informé, n’est concerné que par les sorties scolaires au cours desquelles il doit penser à emporter la pochette de premiers soins. Le reste du temps, si l’enfant est admis à manger à la cantine, que son repas soit fourni par la commune ou par la famille, il est plus judicieux que cette pochette reste à la portée du directeur de l’établissement qui, même pendant ce temps « non scolaire », continue de veiller sur son école.

Mon enfant allergique peut-il manger à la cantine ?

Les enfants allergiques, le plus souvent, ne sont pas admis dans les cantines scolaires. En effet, rien de favorise cet accueil : manque de motivation à compliquer les circuits de distribution pour un besoin aussi faible, responsabilité flottante entre l’équipe éducative et l’équipe de cantine (recours pénaux accrus de nos jours), difficulté d’adapter des repas à des pathologies aussi diverses… S’ajoutent à ces raisons des problèmes structurels : à cause du baby-boom de l’an 2000, les places dans les cantines manquent, et tout enfant nourri à la maison est donc fortement encouragé à y rester.

Mon enfant allergique pose des problèmes à la cantine, je fais quoi ?

Première solution : s’installer à la campagne, dans un village où le maire a passé un marché avec LE restaurateur du coin pour faire manger ensemble les scolaires demi-pensionnaires et les aînés de la maison de retraite. Menu « deux étoiles » garanti tous les jours !

Deuxième solution : l’un des parents renonce à toute activité professionnelle pour pouvoir accueillir ces enfants à l’heure du déjeuner comme du goûter. Bien évidemment, ce sont surtout des femmes, à contrecoeur et lorsqu’elles peuvent opter pour cette solution, qui mettent leur carrière en berne.

Troisième solution : proposer de fournir tous les jours un panier repas. Si cela ne suffit pas : proposer l’achat d’un micro-ondes. L’acceptation d’un tel arrangement repose sur seul bon vouloir du directeur/trice de l’école. Qui trouve souvent des bonnes (je n’ai pas assez personnel) et des moins bonnes raisons (je ne peux pas désinfecter les tables) de refuser.

Le souci principal réside dans la séparation des responsabilités. La direction de l’école peut se retrancher derrière le fait que le temps de restauration scolaire est de la responsabilité de la mairie. Les parents ont donc rarement en face d’eux un interlocuteur « responsable ». Pour ne pas perdre trop de temps, mutualiser les plaintes et gagner en poids, plusieurs parents ont récemment saisi la Halde (Haute Autorité contre les Discriminations et de Lutte contre les Inégalités) sur le sujet.

*Le PAI n’est pas réservé aux seuls enfants allergiques. Il est prévu pour tout enfant dont l’état de santé demande une attention ou un aménagement particulier.


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