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BULADO, un film puissant au réalisme poétique

Pour vous, Nos Juniors.com a vu BULADO de Eché Janga.un film puissant, au réalisme poétique qui vous suivra longtemps.

Sur l’île de Curaçao, dans les Antilles néerlandaises, Kenza, 11 ans, vive, tenace et débrouillarde, vit avec son père et son grand-père sur un bout de terrain semé de carcasses de voitures. L’un, Ouira, est tourné vers la modernité, Weljo quant à lui, est resté relié aux coutumes ancestrales. Kenza elle, n’a jamais connu sa mère, morte trop tôt.

À l’écran :

Eché Janga signe là un film magnifique, d’une grande poésie et d’une force qui passent par l’intensité des regards, une bande sonore faite de sons naturels et de vent. Vent omniprésent d’ailleurs, qu’on l’entende ou qu’on le voit, et juste quelques touches de musique délicatement posées, jamais forcées. Chaque plan est tel une photo, un tableau, tant leur construction est un régal à regarder et incite à la contemplation.

Le rythme donne la part belle aux sens, à tous nos sens. Les ralentis, plans fixes, cadrages rapprochés sont quasiment physiques; ils nous relient profondément à la terre, aux hommes qui y habitent. Cette terre, les paysages et décors sont magnifiés par la photographie et le travail des couleurs du réalisateur. Ils font naître un élan primitif qui est au coeur du film. Tout comme l’est la question de l’absence et du manque. Longtemps, le regard franc et direct de Kenza, cette gamine qui irradie à l’écran, vous habitera, vous questionnera, autant qu’elle questionne tout ce qui se passe autour d’elle.

Film captivant, BULADO aborde avec sensibilité des thèmes forts. Tout comme cette phrase entendue par Kenza à travers une porte « Ce que nous n’avons pas connu ne peut nous manquer » dite par son père, une énième fois convoqué à l’école, évoquant la mère défunte de l’enfant, devenue femme en silence. La réponse de sa fille est de s’éloigner de cette porte, les mots du père se brouillent alors. Et si l’on comprend par ses actes, qu’elle recherche bel et bien sa mère, qu’elle se cherche elle-même, volontaire et rebelle, tout nous est donné quasiment comme un secret que l’on chuchote. Car le film possède cette force rare d’offrir au spectateur plusieurs niveaux de lecture, quel que soit son âge.

Le retour aux sources primitives, la connexion avec la nature, incarnés par le grand-père, sa relation pleine de douceur avec sa petite-fille, qu’il relie à l’ancestral, sont des moments de pure poésie. Et puis il y a cette chaîne, à laquelle il manque un maillon : la mère décédée certes, mais aussi le père, bienveillant malgré la douleur de la perte de l’aimée que sa fille lui rappelle, lui qui ne voit de salut que dans la langue adoptée (le néerlandais), dans la vente du terrain sur lequel ils vivent, au risque de détruire l’arbre symbolique des ancêtres… Ce père, aimant et patient, qui veut retrouver sa place auprès de sa fille.

Infos : Ce film a remporté plusieurs récompenses :

Prix du public – Festival international du film pour enfants de New York;

Veau d’or du meilleur film – Festival du film des Pays-Bas

Prix du Jury – 38e Festival International du film pour enfants de Chicago

Sortie le 9 février 2022

Durée : 1H26.

Pays-Bas, Curaçao, 2020, VOSTF Néerlandais – Papiamento Distribution: Les Films du préau.

1 commentaire pour “BULADO, un film puissant au réalisme poétique”

  1. Bonjour,
    merci pour ce très bel article dont l’enthousiasme et la sensibilité me donnent immédiatement envie de découvrir cette petite perle cinématographique. Avant de le voir, il me rappelle par certains ascpects (la relation enfant-père) le film Les bêtes du sud sauvage. Encore bravo Nathalie pour ce très beau premier article sur le blog, vivement le prochain !

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